‘Nous devons rendre les prêts plus coûteux dans notre pays’

‘Les prêts sont beaucoup trop bon marché en Belgique’, a récemment résonné pendant la présentation des chiffres semestriels d’ING Belgique. Les banques vont-elles rendre les prêts plus coûteux dans un avenir proche? 

Quiconque contracte un prêt aujourd’hui peut faire des bonnes affaires. Par exemple, il est possible de contracter un prêt résidentiel de 25 ans à taux fixe qui flirte avec la limite de 2 %. D’autres prêts sont également soumis à des taux moins élevés qu’il y a quelques années.

Par exemple, quiconque contracte aujourd’hui un prêt personnel auprès de la grande banque Belfius – l’un des acteurs les moins chers du marché des prêts personnels – paie un taux d’intérêt de 5,45 %. C’est un certain nombre de points de pourcentage moins cher qu’il y a quelques années.

Pourquoi les prêts sont-ils bon marché?

Les prêts bon marché sont le résultat de la politique de bas taux d’intérêt de la Banque Centrale Européenne. La banque achète 30 milliards d’euros de dette chaque mois jusqu’en septembre. Entre septembre et décembre, la BCE achète 15 milliards d’euros chaque mois. Après cela, la BCE arrêtera le programme d’achat. Mario Draghi, le président de la Banque Centrale Européenne, maintient ainsi les taux d’intérêt à long terme à un niveau bas. Dès que la banque met fin au programme de rachat, il est particulièrement probable que les prêts deviendront plus chers.

De plus, la banque centrale ne commencera pas à modifier les taux d’intérêt directeurs avant l’été 2019. Actuellement, les banques qui déposent leur argent à Francfort doivent payer un taux de dépôt de 0,4%. En même temps, les banques peuvent emprunter de l’argent gratuitement. Par conséquent, les taux d’intérêt à court terme, qui sont le principal paramètre de détermination des taux d’épargne, ne sont pas susceptibles de changer rapidement.

L’épine dans l’œil des banques

Les prêts bon marché sont une épine dans le pied des banques. Lors de la présentation des chiffres semestriels d’ING Belgique, Erik Van Den Eynden, le plus haut dirigeant d’ING Belgique, a exprimé son mécontentement. Selon lui, les taux dans notre pays sont beaucoup plus bas que dans d’autres pays. ‘Si nous voulons une croissance durable pour les banques belges, les prix du crédit devront être plus élevés’, déclare le cadre supérieur.

La pression sur les prix se fait surtout sentir sur le marché hypothécaire. Les banques ajustent constamment leurs taux en fonction de ce que font leurs concurrents. En outre, les banques accordent des prêts beaucoup trop rapidement. ‘Et c’est très dangereux’, nous a averti la Banque nationale de Belgique plus tôt cette année.

Risques des crédits bon marché

A l’époque, l’autorité de contrôle a évoqué les vulnérabilités importantes et croissantes du portefeuille de prêts hypothécaires des banques belges. En raison des faibles taux d’intérêt, les familles empruntent des montants plus élevés pour des échéances plus longues. Les chiffres récents de la Association Professionnelle du Crédit (BVK) montrent que les familles de notre pays empruntent en moyenne € 10.000 euros de plus pour une maison qu’il y a deux ans.

L’endettement plus élevé des emprunteurs s’accompagne d’un risque accru pour les prêteurs. La Banque Nationale de Belgique est particulièrement préoccupée par le rapport entre le montant emprunté et la valeur d’un logement. Dans plus d’un cas sur deux, le ratio est supérieur à 80 %. Dans un tiers des cas, ce pourcentage est même supérieur à 90%. ‘Les paiements mensuels deviennent un facteur de plus en plus important dans le budget familial’.

Danger pour l’avenir

Les chiffres récents d’ING et de BNP Paribas Fortis montrent que les banques ont continué à accorder des prêts d’un montant incroyable au cours du premier semestre 2018. Selon la Banque Nationale, les prêts hypothécaires résidentiels commencent à peser particulièrement lourd dans le bilan des banques. ‘Un choc sur le marché immobilier pourrait avoir des conséquences importantes pour la stabilité financière du secteur bancaire belge et, dans une moindre mesure, du secteur des assurances’, selon la Banque Nationale.

En raison de l’agitation croissante, les banques ont été obligées pendant plusieurs années d’établir une réserve de capital supplémentaire pour les risques associés aux prêts hypothécaires. Le tampon requis pour le secteur s’élève à 1,5 milliard d’euros. La réserve de fonds propres est destinée à garantir que les banques puissent continuer à accorder des prêts immobiliers en cas de ralentissement de l’économie.